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jeudi 16 décembre 2010

Valérie Belin : Black-eyed Susan à la galerie Jérôme de Noirmont

Valérie Belin, Black-eyed Susan jusqu'au 27 janvier 2011...
Fondé sur un protocole précis, le travail de la photographe Valérie Belin peut être considéré comme une tentative obsessionnelle d’appropriation du réel. Dans ses œuvres, le traitement particulier des êtres et des choses frappe par son caractère à la fois spectaculaire et dépouillé qui limite l’interprétation narrative ou documentaire. Son travail se développe par séries d’images fondées sur un jeu subtil de répétitions et de variations. La frontalité absolue du point de vue, la bi-dimensionnalité radicale, l’absence de contexte et la taille des formats donne valeur d’icône aux divers sujets choisis pour leur puissance à évoquer les incertitudes et les paradoxes du « vivant ».


Dans ses premières séries, notamment celles consacrées aux vases et verres en cristal (1993), Valérie Belin travaillait uniquement sur le spectre lumineux des objets, en restant très proche du procédé originel de la photographie. Au contraire, dans ses toutes dernières créations, couleur ou noir et blanc, les nouvelles technologies de l’image lui offrent la possibilité d’un traitement plus libre, voire plus pictural et onirique du sujet, comme pour les images des magiciens, de la danseuse du Lido et des corbeilles de fruits (2007).

Les outils contemporains ont amené l’artiste à envisager la photographie au-delà de sa nature analogique, comme moyen de créer une pure image captée directement par l’artiste au cœur même de ses modèles. Ainsi, bien plus qu’un médium figuratif, la photographie offre à l’artiste la possibilité de sonder l’évanescence des frontières entre réalité et illusion, révélant le surnaturalisme profond de ses portraits. Pour plus d'informations, lire ici


Crédit photos Valérie Belin - Galerie Jérôme de Noirmont

jeudi 4 novembre 2010

Photo Saint-Germain-des-Prés

Photo Saint-Germain-des-Prés 1ère édition du 4 au 30 novembre 2010...
En plein mois de la Photo à Paris, la 1ère édition de Photo Saint-Germain-des-Prés propose un parcours photographique inédit réunissant une trentaine de galeries d’art, agences photographiques et librairies spécialisées. Cet événement phare de la rentrée souligne l’identité d’un quartier au cœur de la vie artistique et intellectuelle parisienne et historiquement lié à la photographie.

jeudi 21 octobre 2010

Mario Cravo Neto "Corpo & Alma" à la Galerie Esther Woerdehoff

L’exposition Mario Cravo Neto à la Galerie Esther Woerdehoff du 28 octobre au 24 décembre 2010...
Fils d'un sculpteur célèbre, Mario Cravo Neto est né en 1947 à Salvador de Bahia. Bercé dans le milieu culturel de sa ville natale, il a commencé très tôt ses premières expériences artistiques: sculpture, dessin, installation, photo ou vidéo; il ne s'est mis aucune frontière entre les différentes orientations prises par son activité artistique tout au long de sa vie. À la Galerie Esther Woerdehoff, seront présentés 35 tirages en noir et blanc, une installation-sculpture (1972, résine) et des vidéos personnelles.

En 1964, toute la famille de Mario Cravo s'installe à Berlin où son père est invité à prendre part à une «résidence d'artiste». Deux ans plus tard il rentre au Brésil avant de repartir s'installer à New York en 1968, pour suivre des cours à l'Art Student League sous la direction de l'artiste Jack Krueger, l'un des pionniers de l'art conceptuel à New York.

De retour au Brésil en 1970, il participe à la 11e Biennale internationale de Sao Paulo en présentant une importante installation. Incapable de marcher pendant près d'un an à la suite d'un accident, il se voit obligé de repenser sa photographie. Il commence alors à travailler à la maison en apportant un soin tout particulier à l'éclairage et en utilisant des objets trouvés ou familiers, dans une tentative d'apporter la dimension tridimensionnelle de la sculpture à la photographie. Ses modèles sont pour la plupart des membres de sa famille ou des proches.

Crédit photo Courtesy Galerie Esther Woerdehoff - Mario Cravo Neto, Luciana 1994

Imprégnée de la culture Yoruba, l'oeuvre en noir et blanc de Mario Cravo Neto nous ramène au mythe de l'éternel retour, à la recherche d'un Eden perdu, de ce lien qui unissait l'homme à la nature, l'homme au divin. Ses recherches photographies se situent sur le terrain de l'énigme, de l'intangible, tout «comme sont inaccessibles les dieux, les Orixas et les morts».

Ses photographies, à la technique raffinée, sont d'une sensualité immédiate et d'une évidence paradoxale. Sur presque toutes les photographies, ses modèles ont les yeux bandés ou cachés par des objets, des animaux, ou encore photographiés de dos les empêchant d'avoir accès au monde visible. Un visage caché par une tortue, par de petits oiseaux blancs ou par des fils d'or. Un galet émergeant d'une oreille, deux poissons jetés sur une épaule, comme une armure homérique. Autant d'images emblématiques du travail de Mario Cravo Neto qui sont présentées à la galerie.

Crédit photo Courtesy Galerie Esther Woerdehoff - Mario Cravo Neto

Son oeuvre évoque de manière parfaitement iconique et onirique, les gestes ancestraux du Candomblé, les rituels de badigeonnage du corps et de sacrifice. Mario Cravo Neto nous lègue un bouillonnement de visions, un mélange d'épiphanies aux sels d'argent mythiques offrant une potion d'imaginaire à ceux qui voudront bien en faire l'expérience. Ses photographies semblent «diviniser l'humain et humaniser le divin». Considéré par beaucoup comme l'un des artistes brésiliens contemporains les plus importants, Mario Cravo Neto est décédé le 9 août 2009, à Salvador de Bahia.
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